
Comment ne pas le remarquer ? Le développement durable est à la mode et commence à passer de mode au fur et à mesure qu'il se dissout dans la société et dans ses pratiques. Politique, entreprise, monde associatif, le développement durable est devenu un concept incontournable. Tous les produits sont désormais écologiques, même les 4x4 se voient parés de vertus environnementales (dans les publicités évidemment).
Voici 25 ans, le développement durable n'existait pas - on parlait plutôt d'écologie, ou 'environnement. L'expression "sustainable development" est apparue en 1986 dans le rapport Brudtland, ministre norvégienne de l’environnement présidant la Commission mondiale sur l’environnement et le développement. Ce rapport définit le développement durable comme "un développement qui répond aux besoins des générations du présent sans compromettre la
capacité des générations futures à répondre aux leurs."
La traduction courante de "sustainable development" en "développement durable" a fait l'objet de débats sémantiques. Le durable et le soutenable (ou le supportable) sont bien sûr deux idées très différentes, et l'usage d'un terme ou d'un autre a des implications importantes sur la nature du développement. Essayons-nous de faire durer notre mode de vie actuel le plus longtemps possible (changement de type 1, selon Watzlawick), ou mettons-nous en oeuvre des changements de type 2, nous assurant un avenir viable ?
Le développement durable repose sur trois piliers : économique, social et environnemental (ou écologique). Aux intersections de ces trois piliers nous retrouvons les mots-clés : viable, équitable, vivable, durable. Ces concepts ne sont pas étrangers à une certaine pratique du coaching, qui privilégie une approche systémique et écologique de la problématique humaine.
Le coaching, lui aussi, est à la mode, et commence à s'intégrer dans notre société. Il y a 25 ans, le coaching n'existait que dans le monde sportif, et de nombreux consultants faisaient du coaching sans le savoir. Aujourd'hui, il a envahi toute la sphère professionnelle, déborde sur la sphère personnelle, parfois abusivement, à tel point qu'il existe maintenant des "coachs" pour toutes les activités qui auparavant faisaient l'objet de simples formations. Parfois utilisé à tort et à travers, le mot "coaching" est devenu dans le grand public aussi vague et répandu que... le développement durable. Le coaching fait lui aussi l'objet de critiques et de soupçons, liés principalement à la méconnaissance du sujet et aux espoirs ou fantasmes projetés sur cette activité.
Penser global, agir local : la formule de René Dubos n'a pas pris une ride, et s'applique parfaitement au coaching qui joue déjà un rôle essentiel pour soutenir un développement durable, notamment dans ses dimensions sociales et économiques. Le monde de l'entreprise n'est évidemment pas le monde des Bisounours®, et l'outil-coaching peut être utilisé à bien d'autres choses qu'à un réel développement durable. Le coach doit faire usage de son propre système de valeurs pour engager (ou pas) un travail avec une entreprise dont les pratiques sociales et/ou environnementales posent problème.
Pour finir, gageons que le coaching suivra le même destin que le développement durable : d'abord inconnu, puis à la mode et réservé à une élite, puis à la mode et démocratisé (avec toutes les dérives possibles), et enfin reconnu et intégré dans le quotidien professionnel ou personnel.
Christophe Mongrédien
www.chmgd.com
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